Et si on parlait d'art ?
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L'ours blanc

Il était une fois un ours aux pattes blanches, aux oreilles blanches et au museau blanc. C'était en fait un ours blanc mais il se gardait bien de trop le dire tant il est étrange de trouver un ours polaire au beau milieu de la forêt vierge. Mais que faisait-il donc ici, perdu dans cette immensité verte ?

Il racontait volontiers ses aventures à qui le lui demandait. Tartarin de Tarascon à fourrure, un chapeau de paille sur la tête, un verre de pastis à la main, à l'ombre des goyaviers géants, il parlait de ses combats, montrait ses cicatrices et tous l'écoutaient dans un silence religieux où se mêlent admiration et envie. A l'en croire, il fut pris par le démon de l'aventure dès son plus jeune âge et, après avoir maintes fois exploré l'Antarctique, il se décida à se lancer la conquête du reste du monde.
Las, des pirates féroces s'en prirent à lui et bien qu'il eut réussi à vaincre cette meute assoiffée de sang, il ne put sauver son fier vaisseau du naufrage. Heureusement pour lui, la terre était proche et c'est donc en ayant tout perdu qu'il posa le pied, pardon la patte, sur le sol africain. Là, il dut affronter les cannibales et les bêtes féroces, lutta contre les rapides, découvrit les sources du Nil et arpenta le désert avant de s'établir dans ce havre de paix.

Lorsqu'un esprit sceptique cependant mettait en doute son récit, il devait bien reconnaître que son désir d'aventure était en grande partie dû à un bloc de banquise pris malencontreusement d'un soudain désir de liberté.
Alors l'esprit critique se taisait, conscient de l'ampleur du voyage qu'il avait fait pour parvenir jusqu'ici même si le récit de ses aventures était parfois un peu embellit. Et toujours un grand prestige auréolait l'ours blanc.

La vérité était tout autre et le directeur du zoo la connaissait bien. Mais était-cesa faute si son ours polaire préférait le pavillon équatorial ?

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