Carnets de route
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Croisière en Egypte

Lundi - Le départ

Lundi, nous avons rendez-vous avec notre avion à 14h30. Juste le temps d'avaler un repas et de sauter dans un RER et en route pour l'aventure !
D'ailleurs, en parlant d'aventure, ça commence dès l'aéroport avec un colis abandonné qui donne lieu à un périmètre de sécurité juste entre nous et notre avion.
S'ensuit un bouchon humain qu'une explosion libératrice transforme rapidement en cohue devant le portique de sécurité. Il faut dire que les annonces d'un décollage imminent n'incitaient pas les gens à la décontraction !
L'avion n'accusera finalement qu'un retard de 20 minutes mais ça commence fort !

Autre surprise : les guides annoncent GMT+2 en hiver et GMT+3 en été avec la même date que nous pour le changement d'heure. Mais alors pourquoi n'y a-t-il pas une heure de décalage entre Paris et Le Caire quand nous sortons de l'avion ?
Aurais-je fais deux tours de cadran à ma montre s'en m'en rendre compte ?
Bah non, c'est juste que, Ramadan oblige, le passage à l'heure d'hiver a été avancé de deux mois.
C'est tout simple, mais ça surprend.

Je passe sur le visa qu'il faut acheter à la banque avant le contrôle alors qu'il n'est nulle part écrit "Visa" sur la devanture.

Une personne de l'agence nous accueille et nous fait monter dans un taxi pour nous conduire à notre hôtel.
Les mots me manquent pour décrire le style de conduite local.
Le nombre de files est variable et l'usage du klaxon fortement recommandé. Ajoutez à cela quelques carrioles lourdement chargées, saupoudrez de contresens et vous aurez une petite idée. Bien sûr le tunning est hautement recommandé ! D'autant plus qu'il est allié à un kitch de "bon" goût ;-)

Mardi - Le Caire

Réveil matinal pour un programme chargé. En même temps... avec un soleil pressé de se lever et le bruit incessant de la circulation, il aurait été difficile de dormir plus longtemps.
Après un petit déjeuner gargantuesque et la remise des bagages à la consigne, nous partons pour le centre ville. Et c'est là que les ennuis commencent.
Il y a sans doute beaucoup de choses à dire sur le Caire et il est dommage que la première qui me vienne à l'esprit est que nous autres touristes sommes une planche à billets perpétuelle pour tous les habitants de la ville. Chacun y va de son excuse, de son arnaque... c'est épuisant !
Entre l'agitation permanente de la ville (klaxons, embouteillages, cris, ...) et la sollicitation insistante des habitants, je ressors de cette journée épuisée.

Parlons quand même un peu des visites.
D'abord, la madrassa du Sultan Hassan. Deux mosquées immenses et richement décorées. Pour la première, je me retrouve affublée d'une pèlerine vert pomme assortie à mon T-shirt. Pour la deuxième par contre, ma tenue semble décente. Allez comprendre....

Puis c'est la mosquée Ibn Touloum, immense cour carrée avec petit minaret central.
L'entrée est gratuite (ah tiens ?), il faut juste donner quelques pièces pour les sur-chaussures (vertes). C'est la première fois que je ne me déchausse pas dans une mosquée...

Visite rapide dans le souk, trop de monde, vendeurs agressifs... Pfff....

Mais finalement, ça n'était rien à côté de ce qui nous attendait ensuite !!!

Car ensuite viennent les pyramides et un abordage toutes les 10 minutes !
Finalement, ai-je vraiment profité de la visite ? Je ne crois pas... C'est dommage mais le harcèlement, ça n'est pas du tout mon truc.

Légère déception en voyant le Sphinx : mais c'est tout piti alors !
Pas le temps de faire l'intérieur des pyramides ni la barque solaire, l'heure de fermer approche et nous fuyons à grands pas les loueurs de chameaux qui se jettent sur les dernières touristes qui restent.

Bon, soyons honnête, c'est quand même beau comme site. Mais devoir le faire au pas de course pour échapper aux vendeurs de bibelots et autres attrape touristes, ça ne permet pas vraiment d'en profiter.

L'avion nous tend alors les bras (les ailes ! :-p) et c'est avec joie que je quitte ce haut lieu d'agitation urbaine.

Mercredi - Assouan

Réveil difficile après les dernières 24h. Nous zappons sans honte la visite du musée nubien et partons sur les coups de 10h45 pour embarquer sur notre dahabieh.
Voulant montrer son esprit d'indépendance, le téléphone de môssieur n'embarquera qu'à 13h. Mais ce n'est pas bien grave puisqu'un déjeuner sur le bateau est prévu avant de partir visiter l'île de Philae.
Nous en profitons pour faire connaissance avec nos futurs compagnons de voyage : deux couples seulement ! Et oui, cette croisière se fera à six. C'est la grande classe, non ? ;-)

A ce stade du récit, il faut que je fasse une parenthèse pour parler des voitures d'Assouan.
Ici, c'est rideau sur les vitres (côté et arrière !) et moumoute intégrée : sur les sièges, sur la plage arrière, sur la plage avant ... Et c'est pas de la petite moumoute ça madame ! Moquette épaisse à poils longs... couleurs criardes ... Super classe !

Le minibus qui nous amène jusqu'au lac a donc des sièges à poils rouges et jaunes et des porte-kleenex accrochés au plafond en forme de Garfield ou de Pucca.
J'suis fan !

Une fois au lac, nous montons sur une petite barque qui nous conduit sur l'île de Philae.
Bon, en vrai, l'île, elle est pas là mais quelques mètres plus loin sous l'eau suite au barrage du lac Nasser. Mais comme le temple de Philae a été déplacé sur une autre île, cette dernière a gagné le nom en même temps que le temple.

Le temple est plutôt beau et comme nous sommes arrivés avant les autres touristes, il est surtout complètement désert, ce qui ne gâte rien.
Jolies colonnes, jolis bas reliefs, mais aussi jolies mitraillettes dans les mains du personnel du site. C'est pas hyper rassurant...

Et puis nous reprenons notre barque, notre minibus poilu et nous finissons sur le bateau pour un goûter bien mérité.

Un peu de détente au soleil, mitraillage à grands coups d'appareil photos... Bientôt l'heure du dîner. Ca y est, la croisière peut vraiment commencer.

Jeudi - Kom Ombo et Horemheb

Tout commence par un petit déjeuner au fil de l'eau. Jus de tamarin (excellent laxatif, parait-il, comme si j'avais besoin de ça !!!) et quelques crêpes pour attaquer la journée de bon pied.

Nous débutons par le temps de Kom Ombo.
Visiblement, les visites ont commencé depuis longtemps et l'endroit est fortement peuplé.
Nous nous frayons un chemin au milieu des groupes de touristes, faisons la queue pour voir telle ou telle fresque remarquable... On se croirait dans une rue commerçante à Paris le premier jour des soldes !
Joli temple, ceci-dit, avec quelques reste de fresques en couleur. Difficile de l'imaginer en version 100% polychrome.
Ce qui frappe, c'est surtout le côté monumental. Mais combien de mètres cela fait-il au juste ???

Le temple est divisé en deux parties : à droite, le dieu faucon, le gentil, à gauche, le dieu crocodile, le méchant (mon préféré !).
Il parait d'ailleurs qu'à l'époque, il y avait toujours un vrai crocodile et un vrai faucon vivants dans le temple. Le faucon, ça va, mais je n'aurais pas aimé être à la place du gars qui s'occupait du crocodile tous les jours !

Nous reprenons ensuite le bateau pour un déjeuner rapide avant d'arriver au temple de Horemheb.

A première vue, il n'y a rien ici, si ce n'est un garde, sa mitraillette et deux acolytes. Au moins, on ne risque pas de se marcher sur les pieds. ;-)

Ici était exploitée une carrière de pierres. On y trouve des découpes de blocs super impressionnantes. Comment pouvaient-ils à cette époque arriver à un résultat aussi droit ?
Il y a aussi quelques tombes d'ouvriers qui travaillaient dans ces carrières et avaient sans doute eu le malheur de se retrouver sous le mauvais blocs au mauvais moment...

Et enfin, un temple à la gloire de Horemheb, le chouchou de notre guide. Il a été pharaon, succédant au successeur de Toutânkhamon (vous suivez ?), ancien général et a refusé de participer à plusieurs coups d'état où on lui proposait d'être calife à la place du calife. Bref, un homme bien !

Le tour est assez rapide, fait avec toujours un gardien sur nos talons (méfiance, méfiance, ...)

Nous retournons au bateau, la journée est terminée.

PS : autre événement remarquable de la journée : on a coupé le moteur du remorqueur, déplié la voile et vogué un temps au gré du vent. C'est tellement plus agréable !

Vendredi - Temple d'Edfu et monuments d'Al-Kab

Notre dernière journée sur le bateau commence très tôt pour arriver au temple d'Edfu avant les autres.

Le bateau est "garé" un peu loin et chacun monte dans une calèche pour gagner le temple. Nous héritons d'un vieux bonhomme horrible et d'un cheval décharné qui passera le trajet à se faire fouetter et insulter. Pauvre bête !
Bien sûr, nous arrivons bons derniers.

Mais qu'importe, la place est encore déserte. Nous entrons et .... Waow !!! C'est beau, c'est grand, c'est immense ... Surperbe !

Une cour immense, une salle aux grandes colonnes, des bas reliefs à foison... et surtout très peu de monde encore. Ca vaut le coup.
On se sent un peu minuscules au milieu de cette démesure.

Retour au bateau avec le même méchant bonhomme et une fois encore, tout le monde s'inquiète de savoir ce qu'on est devenue tant nous arrivons après eux.

Le bateau repart et nous enchaînons avec les monuments d'Al-Kab.

On passe d'abord par un village avec visite d'une maison typique et de son four à pain.
Passons sur les mouches, l'odeur des poules et du bétail. Mais tout de même, la couleur de l'eau qui est censée nettoyer le four laisse songeurs quand on sait que c'est de là que vient le pain que nous mangerons ce midi...

Le trajet se poursuit dans une petite camionnette qui a du oublier jusqu'au sens du mot "amortisseurs".
Nous longeons un mur d'enceinte immense qui a survécu dieu sait comment depuis les premières dynasties (environs 3000 avant J-C).

Notre chauffeur nous laisse au pied d'une voie ferrée dont je m'empresse de photographier la signalisation (obsédée par mon travail ? moi ?) et nous suivons une allée toute belle, toute bien dallée, prête à accueillir un hypothétique flot de touristes qui ne semble pas vouloir venir.
Au bout de cette allée, une petite colline abritant trois tombes de nobles avec de très belles peintures.

Puis nos fesses et nos dos sont mis à rude épreuve par notre chauffeur sur un sentier pas si mauvais que ça, ma foi, mais dont chaque cailloux et trous voient leurs effets décuplés par l'absence d'amortisseur.
Au bout de ce long chemin de croix, deux gardiens (qui, j'espère, ont la radio pour s'occuper !) et une jolie chapelle bien décorée.

Ca y est, ça sent la fin.

Le bateau s'arrime à Esna, point de ralliement de toutes les dahabieh du Nil et nous nous retrouvons sans trop comprendre pourquoi dans l'agitation de la ville pour une dernière nuit sur le bateau dont l'intérêt nous échappe.

Grand moment quand sonne l'heure de l'appel à la prière et que chaque minaret déverse son flot de paroles pas du tout synchronisées. Cacophonie ? Oui, c'est le mot.

Pendant ces quelques heures, je potasse notre séjour à Louxor. Vallée des Rois, Karnak...
Comme à partir de demain nous serons de nouveau livrés à nous même, je veux être parfaitement au point pour ne pas revivre l'expérience traumatisante du Caire.

A suivre...

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